La peur, l'anxiété et l'angoisse : comprende pour mieux les surmonter

pour un quotidien serein

La peur, l’angoisse et l’anxiété font partie intégrante de nos vies. Si la peur est une réaction naturelle face à un danger réel, l’angoisse et l’anxiété peuvent surgir sans raison apparente, envahissant notre quotidien et altérant notre bien-être.

Comprendre les nuances

Bien que souvent utilisées de manière interchangeable, ces termes recouvrent des réalités distinctes :

  • La peur est une réaction émotionnelle et physiologique face à un danger identifié. Elle est l’une des émotions fondamentales de l’être humain, partagée avec d’autres animaux.
  • L’anxiété est un état d’inquiétude diffuse et persistante, même en l’absence de menace concrète. Elle se caractérise par des pensées négatives, des difficultés de concentration, une irritabilité voire des troubles du sommeil.
  • L’angoisse est une crise d’anxiété intense et soudaine accompagnée de symptômes physiques tels que des palpitations, des sensations d’étouffement ou des vertiges.

Des peurs ancestrales

La peur a joué un rôle crucial dans la survie de l’espèce humaine. En signalant un danger potentiel, elle nous poussait à fuir ou à combattre, assurant ainsi notre protection. Si les dangers d’aujourd’hui sont souvent plus subtils et moins immédiats, nos mécanismes de peur restent ancrés en nous.

Face à l’anxiété et l’angoisse

L’individu confronté à l’anxiété ou l’angoisse peut se sentir désemparé, ne comprenant pas l’origine de sa souffrance et redoutant des dangers omniprésents. Il est important de comprendre qu’il existe des moyens de les gérer ces émotions. Toutefois, pour trouver des solutions adaptées il est essentiel de comprendre les mécanismes sous-jacents à l’anxiété et l’angoisse. 

Comment devient-on anxieux ?

Si l’anxiété est omniprésente dans notre quotidien, elle se manifeste généralement à un niveau modéré et passe souvent inaperçue. Prenons l’exemple d’une personne en réunion d’entreprise. Souhaitant partager son opinion, elle hésite, se ravise et finalement décide de ne rien dire. Si consciemment elle attribue ce silence à un choix délibéré, une analyse plus approfondie révèle qu’inconsciemment, une légère anxiété a influencé sa décision, engendrant une discrète peur de s’exprimer.

Loin d’être néfaste, cette anxiété joue ici un rôle d’ajustement du comportement. Elle peut être considérée comme normale, voire saine. En effet, il est possible que ce ne fût pas le moment opportun pour intervenir, ou que les arguments nécessitent d’être davantage muris.

Ainsi, l’anxiété, dans une certaine mesure, peut s’avérer un mécanisme utile pour réguler nos comportements et interactions sociales. Elle nous incite à prendre du recul, à évaluer la situation et à adapter notre comportement en conséquence.

Parfois, ce subtil mécanisme de régulation des émotions s’enraye. L’anxiété, initialement légère et passagère, devient plus intense et s’installe durablement.  Elle se transforme d’un état ponctuel en un état d’esprit permanent, voire en un mode de vie pour certaines personnes.

Pour reprendre l’exemple de cette personne qui souhaitait partager son point de vue, elle devient maintenant incapable de parler. A chaque tentative, elle se crispe, sa mâchoire se bloque, victime d’une anxiété étouffante. Pourtant, elle ne pensait pas être timide de nature. Que se passe-t-il ? Est-ce la peur de ne pas intéresser les autres ? Celle d’être jugée ou de mal s’exprimer ? Quand bien même elle sait que son entourage l’apprécie, la situation devient incompréhensible et frustrante.

Dans ce cas, l’adaptation ne se fait plus. L’individu est envahi par une anxiété réelle et incontrôlable. Pire encore, le caractère même de cette anxiété, sa puissance déstabilisante, vient renforcer l’anxiété initiale. La personne, consciente de son état anxieux, redoute sa survenue, créant ainsi un cercle vicieux où la peur de l’anxiété nourrit l’anxiété elle-même. Cette escalade de la peur entraîne une anxiété de plus en plus intense et dramatique.  

Acculé par l’anxiété, l’individu se retrouve alors dans une impasse. Fuir la situation est souvent impossible, l’attaque contre la source de la peur est rarement envisageable, et rester passif est loin d’être une solution viable. Pris dans cet étau, les mécanismes de défenses archaïques contre la peur s’avèrent inefficaces.

Des exemples illustratifs :

  • L’angoisse face au danger potentiel : Imaginez un parent observant son enfant de trois ans grimper sur une chaise. La vision d’une chute imminente déclenche une montée d’adrénaline incontrôlable. D’un côté, le risque de blessure est réel s’il laisse l’enfant grimper. De l’autre, avec plusieurs enfants à charge, une surveillance constante est impossible. La situation génère un sentiment d’impuissance et d’anxiété intense.
  • L’attente angoissante et les scénarios catastrophes : Le retard de l’épouse d’un homme nourrit son inquiétude. Son imagination s’emballe, envisageant un accident ou un autre événement tragique. La peur de ne pas pouvoir la protéger le submerge, le poussant à contacter son amie pour tenter de la localiser. L’absence de sa femme chez l’amie ne fait qu’aggraver son anxiété, le plongeant dans un cercle vicieux de pensées négatives.

L’anxiété face à un choix crucial : l’exemple du changement d’emploi

Prenons encore l’exemple de Pierre, secrétaire depuis dix ans. Ayant gravi les échelons, il éprouve pourtant une insatisfaction croissante envers son métier. Depuis cinq ans, l’idée de changer d’orientation professionnelle le taraude de plus en plus. Le dimanche soir, à l’approche de la semaine qui arrive, il est littéralement tourmenté par l’incertitude.

Le changement de carrière s’avère redoutable. Pierre se questionne sur ses compétences et sa capacité à trouver un nouvel emploi. Les avantages salariaux actuels lui font hésiter, tout comme la peur de regretter son choix. La sécurité financière de sa famille pèse également dans la balance. S’il envisage des améliorations possibles, il redoute aussi un changement défavorable.

Désorienté, Pierre se sent perdu face à la complexité de la situation. Comment trouver un nouvel emploi ? Comment se réorienter ? Devrait-il réellement franchir le pas ? Dix ans de travail, dont peut-être cinq gâchés par l’anxiété, le poussent à se demander s’il est temps de changer de vie. La prise de décision, aux lourdes conséquences familiales, s’avère particulièrement anxiogène.

L’anxiété face à l’incertitude, à la complexité ou au passé

L’exemple de Pierre illustre l’anxiété générée par l’incertitude et la complexité d’une situation. Face à un choix crucial, beaucoup d’entre nous tentent de se protéger en occultant la réalité, en espérant que tout va bien.

Cependant, cette stratégie d’évitement n’est pas toujours efficace. L’anxiété peut persister, s’estomper partiellement ou ne disparaître que temporairement. Dans certains cas l’origine de l’anxiété remonte à un événement passé, comme un traumatisme d’enfance. Alors, pour comprendre et gérer son anxiété, il est essentiel d’en identifier les causes profondes. L’exemple de la crise d’angoisse de Pierre lors de son mariage met en lumière l’impact d’événements traumatisants du passé. En explorant ses souvenirs et ses émotions il pourrait découvrir que son mariage ravive des peurs liées au divorce de ses parents. Comprendre l’origine de l’anxiété permettra alors d’intervenir sur la cause du problème plutôt que de lutter stérilement sur ses effets.

L’interprétation : clé de voûte de l’anxiété et de son dépassement

Notre perception du quotidien influence directement notre niveau d’anxiété. En effet, la manière dont nous interprétons les événements et les situations peut soit la nourrir, soit nous aider à la contourner.

Prenons l’exemple de la voyance ou de la télépathie. A moins d’être doté de pouvoirs surnaturels, il est illusoire de prétendre prédire l’avenir. Pourtant, face à l’incertitude, l’esprit humain a tendance à s’imaginer des scénarios pessimistes, alimentant ainsi l’anxiété.

C’est pourquoi il est crucial de remettre en question nos interprétations et de les confronter à la réalité. Les exemples qui vont suivre illustreront comment nos perceptions peuvent être trompeuses et limiter nos actions, renforçant ainsi notre anxiété.

Pour lutter efficacement contre l’anxiété, il est essentiel de s’interroger régulièrement :

  • Mes pensées négatives sont-elles le fruit de mon anxiété ?
  • Mon interprétation de la réalité est-elle réellement objective et utile ?
  • N’y aurait-il pas une manière plus positive d’envisager la situation ?

En adoptant une attitude proactive et en questionnant nos interprétations, nous pouvons désamorcer l’anxiété et appréhender la vie avec plus de sérénité.

 

8 Conseils pour surmonter l’anxiété et vivre plus sereinement

  1. Nuancez vos pensées :
  • Remplacez les affirmations négatives et absolues par des pensées plus nuancées.
    • Exemple : Au lieu de « J’ai toujours raté mes examens, ça ne changera jamais ! », analysez vos échecs passés pour identifier vos points faibles, les conséquences et les leçons à en tirer.
  1. Dédramatisez les situations :
  • Évitez les généralisations négatives et remettez en question vos jugements.
    • Exemple: Au lieu de penser « Je ne suis utile à personne ! », demandez-vous à qui, en particulier, vous vous sentez inutile et ce que vous pouvez y faire. Valorisez vos qualités et vos contributions positives et agissez toujours de manière à cultiver une bonne estime de vous-même.   
  1. Cultivez une attitude positive :
  • Ne confondez pas positivisme et négation de la réalité.
    • Exemple : Au lieu de dire « Je serais incapable de… », concentrez-vous sur les possibilités d’apprentissage et de croissance. Considérez les avantages d’une situation plutôt que ses inconvénients.
  1. Acceptez vos imperfections :
  • Comparer votre parcours aux autres n’est ni utile ni objectif.
    • Exemple : Au lieu de penser « Les autres réussissent mieux que moi ! », focalisez-vous sur vos propres objectifs d’amélioration. L’anxiété peut motiver, mais ne la laissez pas devenir votre seul moteur. Agissez par plaisir et par conviction plutôt que par peur.
  1. Apprenez à lâcher prise :
  • Ne tirez pas de conclusions hâtives sur base d’un comportement ou d’un évènement.
    • Exemple : Au lieu de penser « Il me fuit donc il ne m’aime pas… », laissez la situation évoluer et observez sans jugement. Le cerveau est apte à gérer les difficultés présentes, pas à anticiper des problèmes hypothétiques.
  1. Soyez créatifs dans la recherche de solutions :
  • Ne restez pas bloqué sur le problème, concentrez-vous sur les solutions.
    • Exemple : Au lieu de penser « il ne m’écoute jamais… », analysez ce qu’il ne semble pas vouloir entendre et explorez différentes façons de communiquer efficacement.
  1. Agir : Fuir ou affronter l’anxiété, mais surtout ne pas rester passif
  • Ne restez pas bloqué dans la rumination, passez à l’action !
    • Exemple : Au lieu de vous torturer avec des pensées comme « Je dois faire, je devrais… », prenez le temps d’évaluer les conséquences de l’inaction et les motivations de votre comportement actuel.
    • Imaginez un champ de mines que l’armée doit déminer. Avant de désamorcer chaque engin explosif, les soldats signalent les zones dangereuses avec des drapeaux. C’est le balisage. De la même manière, certains problèmes ne nécessitent qu’une simple identification et une prise de conscience pour être évités. D’autres, en revanche, devront être “désamorcés” de manière plus active ! 
  1. Apprenez à conclure :
  • Face à un problème important, décomposez-le en étapes plus petites et gérables.
    • Exemple : Au lieu de penser « Je ne sais pas quoi faire… », attaquez la difficulté pas à pas en prenant le temps nécessaire à la réflexion et à la prise de décision. Pour éviter les ruminations anxiogènes interrompez vos réflexions régulièrement en vous demandant « Qu’est-ce que j’en conclus ?». Puis orientez vos pensées vers des solutions constructives.

En résumé, ces 8 conseils vous invitent à:

  • Challenger vos pensées négatives et automatiques.
  • Adopter une perspective plus positive et réaliste.
  • Développer votre créativité et votre capacité à trouver des solutions.
  • Agir concrètement et ne pas rester passif face à l’anxiété.
  • Apprendre à lâcher prise et à accepter l’incertitude.

N’oubliez pas que chaque individu est unique et que ces conseils doivent être adaptés à votre situation personnelle.

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